19 juillet 2012 – Chapitre 2


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Jeudi 19 juillet 2012, 4 h 43

Le jour entendu est arrivé.

« …19 juillet 2012… »

Olivier est allongé sur son lit. En quatre ans, il n’a pas quitté Saint-Colbert de la Montagne. Mais, il habite maintenant au 3131 rue de la Cour, appartement 14. C’est chez lui et non chez ses parents. Étendu, les yeux ouverts, Olivier guette l’obscurité.

La voix s’est tu dans sa tête. Elle ne scande plus sa tirade. Ce silence est une douce musique, sans note ni accord. Néanmoins, Olivier reste immobile, méfiant.

Au départ, lorsque la voix est apparue, Olivier a d’abord cru que son cerveau disjonctait un brin. Comme les traces d’acné sur son visage, elle finirait par disparaître tout bonnement. Cette réflexion épousait une philosophie chère aux adolescents : l’insouciance.

En décembre 2008, alors que le phénomène persistait depuis quelques mois, l’inquiétude surgit. Ce n’était sûrement pas normal tout ça. Un écho sorti de nul-part et qui se répercute sans cesse. Troublant, à bien y penser. Et, pourquoi le « 19 juillet 2012 »? Devait-il craindre ou espérer cette date? En somme, que lui annonçait l’envahisseur? Car oui! La voix l’envahissait.

Olivier était possédé par elle. Dépossédé d’une part de lui-même. Elle était débarquée, s’était installée à son aise, s’incrustant en lui comme s’il ne s’appartenait plus. Il la percevait dorénavant comme l’intruse. L’ennemie à abattre.

–          La faire taire! Je dois la faire taire! se répétait-il.

De vaines solutions se succédèrent alors. La musique jouant à tout rompre. Les séances de méditation. Jouer du tambour contre le mur avec sa propre tête. Les positions de yoga réputées pour libérer l’esprit. Les prières à ce Dieu qu’il ne connaissait pas. Tant de mal et rien n’y fit. L’ennemie maintenait son emprise, élevant la voix au besoin.

Vers la fin de l’année scolaire 2009, Olivier se résigna. Tant qu’à l’entendre cette voix, autant la supporter. Il décida de ne plus la percevoir comme une plaie et accepta docilement sa présence. Après tout, elle était née lors d’un baiser qui fut le premier d’une série incalculable. Elle était certainement prophète de temps heureux.

En ce jour entendu, Olivier n’est plus certain de ce verdict. Il n’ose toujours pas se lever. Il veut d’abord s’assurer que le monde tourne toujours rond. Sans un mouvement, il observe.

Les premiers rayons du soleil percent les rideaux. L’odeur ambiante est normale. Ses vêtements de la veille traînent à l’endroit habituel. Le désordre du placard empêche les portes d’être closes. L’unique plante de la pièce a soif pour mourir et aucun zombie ne s’empiffre de son cerveau. Tout est donc comme il se doit de l’être.

Il est 4 h 57. La lumière du jour n’en finit plus de poindre. Olivier bouge les doigts de sa main gauche et évalue les conséquences du geste. C’est le calme plat. Il ose glisser une jambe à l’extérieur du lit. Toujours rien. Lentement, il s’extirpe de ses draps sans déceler de répercussions. Le calme perdure, l’anxiété s’estompe. Olivier est maintenant debout. Le réveil indique 5 h 01.

Rassuré, le jeune homme s’avance vers la porte entrouverte qui donne sur le salon. Il la pousse et examine la pièce ainsi dévoilée. Rien d’anormal, sauf peut-être Philibert. Habituellement impatient de se faire nourrir, il ne bouge pas d’un poil. Il fixe son maître de son regard jaune. Un regard abruti, comme seul un chat peut zyeuter. Manifestement, il est trop tôt pour la bête.

Un bruit de pas se fait entendre à l’étage supérieur. Locataire et concierge de l’immeuble, Armand vient apparemment de se lever. La vie s’ébranle donc comme chaque matin précédent.

Il n’y a pas lieu de s’inquiéter outre mesure, décide alors Olivier. Il commence sa préparation matinale par une douche fraîche d’où il sort en moins de cinq minutes. Habillé en moins de deux, il ouvre une boîte de thon pour le chat qui la dédaigne. Toujours boudeur, l’animal refuse même une caresse de son maître.

À 5 h 23, Olivier chausse ses sandales, prend une pomme dans le panier à fruits et s’aventure dans la jeune matinée.

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