J’y étais


Pour Guillaume : [Audio http://sd-2.archive-host.com/membres/playlist/128700424214723347/Jyetais.mp3|leftbg=0x333333|lefticon=b0b0b0|rightbg=0xb0b0b0|rightbghover=333333|righticon=333333|righticonhover=0xFd5a1e|track=0xB0B0B0|text=0×333333|border=333333|loader=0x333333|bgcolor=000000]

Tant de temps s’était écoulé. Tant de temps qu’à prime abord je ne l’avais point reconnu.

– Qui es-tu? demandai-je.

– Dis-le moi, l’entendis-je répondre.

Sous les brumes d’un nuage bleuté, nous fîmes silence alors. Une lumière lointaine azurait les pluies suspendues, vestiges de larmes déjà pleurées. Une parcelle de vent échevelait les empreintes du temps. Le temps flottait dans l’air, entrelacé à lui-même.

Il était là. J’y étais moi aussi.

– Je ne saurais le dire, arguai-je soudain. Pourtant, tu ne m’es pas inconnu.

– En effet, ouïs-je simplement.

Je l’observai, puisqu’ainsi il le fallait. Il était jeune et vieux à la fois. Beau et laid tout autant. Fort et faible. Triste et joie. Sa silhouette si fine projetait une ombre fruste. De son reflet si clair émanait un sombre éclat. De sa pénombre chatoyaient d’obscures lueurs.

J’y étais. Il était là lui-aussi.

– Un doute m’assaille, avouai-je. Tu es qui je pense?

– Tu y es presque, l’écoutai-je. À peu de mots près.

Il se saisit d’une écharpe qu’il fit ondoyer. Il évoqua le Ciel à coup de ténèbres. Il sourit, s’embrasa, puis s’émietta. À même le sol, il épousa une fleur d’un baiser. D’un souffle, il en fit naître de nouvelles. Nos coeurs se confondirent alors en un seul et même tambour.

Il n’y avait plus lieu pour nul doute. Je le reconnaissais, maintenant.

– Je sais qui tu es, annonçai-je.

– Moi aussi, répondis-je.

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