Archive pour Égarement

Ultimement

Posted in N'importe quoi with tags , , on 26 octobre 2010 by JFR.Perras

– J’ai soif, supplie-je.

Elle daigne jeter sur moi son dernier regard, puis divulgue le chemin de la source :

Sur mille lieux, parcours d’abord la route pavée de pierres et cadavres, jusqu’au pied du mont aride. Compte trois jours sans nuit pour en conquérir le sommet, puis dévale le versant ouest pour atteindre la vallée des feux. Prends garde alors de survivre au cœur des bûchers.

Parvenu à sa porte, évite à tous prix la contrée suffocante. L’enfer lui-même ne saurait t’accabler d’autant de chaleur. Bifurque plutôt côté soleil et franchis le désert jonché de sable brûlant et de dépouilles desséchées. Huit cent soixante deux milles restes te conduiront à son terme.

Là se trouve le puits, ultime abreuvoir de la toute dernière goutte.

Post-scriptum / Désolé… j’avais froid. / Fin

C’est ici…

Posted in N'importe quoi with tags , , on 24 août 2010 by JFR.Perras

C’est ici que tout commence. On a beau dire et regarder ailleurs, il reste qu’à prime abord, c’est en ce lieu que tout s’initie :

Sous les feux d’une immaculé. Aux prémices d’une moitié de feuille. Devant une page blanche assortie à l’écran.

Et puis, surplombée d’icônes, la page se noircie. Elle s’efface ou se prolonge; s’harmonise, s’éparpille ou s’égare.

« A B C » me scande l’alphabet. Il faut voir à placer les mots dans le bon ordre et faire de même des idées, autant que faire se peut, et en autant que faire m’en dit.

Car, libre cours aux dérapages! L’efface d’aujourd’hui ne laisse aucune trace.

Elle est ornée d’une flèche ou sertie de trois lettres. Un simple « X » peut aussi tout défaire. Volatilisés, ils ne sont alors plus, ces mots qui jamais ne seront entendus.

Grand bien c’est. C’était n’importe quoi de toute façon. Un peu comme ceci, en somme.

Trio DK

Posted in N'importe quoi with tags , , on 14 août 2010 by JFR.Perras

Le lac de l’infini est un lac sans fin,
Le lac de l’infini est un lac sans fond,
Le lac de l’infini est un lac sans flanc,
Le lac de l’infini est un lac sans faille,

Le lac de l’infini est un lac fictif.

Un rien m’émeu,
Un pieu me tient,
Un chien me veut,
Un pneu me vient.

Il fait froid.
Il semble seul.
Il court curieusement.
Il marche maintenant.
Il boit bruyamment.
Il agit amicalement.
Il sonde sournoisement.
Il trouve tranquillement.
Il sait simplement.

Je dois le tuer.

Signé Donkey Kong

J’y étais

Posted in N'importe quoi with tags , , on 29 juillet 2010 by JFR.Perras

Pour Guillaume : [Audio http://sd-2.archive-host.com/membres/playlist/128700424214723347/Jyetais.mp3|leftbg=0x333333|lefticon=b0b0b0|rightbg=0xb0b0b0|rightbghover=333333|righticon=333333|righticonhover=0xFd5a1e|track=0xB0B0B0|text=0×333333|border=333333|loader=0x333333|bgcolor=000000]

Tant de temps s’était écoulé. Tant de temps qu’à prime abord je ne l’avais point reconnu.

– Qui es-tu? demandai-je.

– Dis-le moi, l’entendis-je répondre.

Sous les brumes d’un nuage bleuté, nous fîmes silence alors. Une lumière lointaine azurait les pluies suspendues, vestiges de larmes déjà pleurées. Une parcelle de vent échevelait les empreintes du temps. Le temps flottait dans l’air, entrelacé à lui-même.

Il était là. J’y étais moi aussi.

– Je ne saurais le dire, arguai-je soudain. Pourtant, tu ne m’es pas inconnu.

– En effet, ouïs-je simplement.

Je l’observai, puisqu’ainsi il le fallait. Il était jeune et vieux à la fois. Beau et laid tout autant. Fort et faible. Triste et joie. Sa silhouette si fine projetait une ombre fruste. De son reflet si clair émanait un sombre éclat. De sa pénombre chatoyaient d’obscures lueurs.

J’y étais. Il était là lui-aussi.

– Un doute m’assaille, avouai-je. Tu es qui je pense?

– Tu y es presque, l’écoutai-je. À peu de mots près.

Il se saisit d’une écharpe qu’il fit ondoyer. Il évoqua le Ciel à coup de ténèbres. Il sourit, s’embrasa, puis s’émietta. À même le sol, il épousa une fleur d’un baiser. D’un souffle, il en fit naître de nouvelles. Nos coeurs se confondirent alors en un seul et même tambour.

Il n’y avait plus lieu pour nul doute. Je le reconnaissais, maintenant.

– Je sais qui tu es, annonçai-je.

– Moi aussi, répondis-je.

Time

Posted in N'importe quoi with tags , , on 16 juillet 2010 by JFR.Perras

Une horloge.
Insensible et cruelle.
Chaque battement d’aiguille suffit sa peine.
Elle tournoie lentement.
Très lentement et puis soudain elle s’arrête.
En fait, le temps semble s’être suspendu.
Tant les secondes perdurent.
Sortez moi de cette torture.
Une horloge.
Qui, au moment opportun, me libérera.

Signé ML

Seul.

Posted in N'importe quoi with tags , , on 6 juillet 2010 by JFR.Perras

Seul. Seulement soi. Toiles baissées. Portes closes.
Seul. Sans séisme. Calme paisible. Repos tranquille. 
Seul. Sans selon. Idées nues. Pensées libres.
Seul. Silence. Suave solitude. Songes et soupirs.

Lunesque

Posted in N'importe quoi with tags , , on 14 juin 2010 by JFR.Perras

Pour Guillaume : [Audio http://sd-2.archive-host.com/membres/playlist/128700424214723347/Lunesque.mp3|leftbg=0x333333|lefticon=b0b0b0|rightbg=0xb0b0b0|rightbghover=333333|righticon=333333|righticonhover=0xFd5a1e|track=0xB0B0B0|text=0×333333|border=333333|loader=0x333333|bgcolor=000000]

Au cœur de la nuit, je promène mes pas. L’obscurité est claire là où je suis. La lune me dévoile les ombres. Elle n’est pourtant pas dans le ciel. Je la tiens au creux de mes mains.

La lune, je l’ai décrochée depuis jadis. Ce n’est pas une prouesse, ni même un exploit. Je ne pouvais faire autrement. Depuis que terre est monde, je lui étais destiné.

Ensemble, nous ne sommes qu’un seul astre. Une sphère cendrée, s’égarant en orbite. Elle tournoie. Je gravite. Tant et si bien, que je suis étourderie.

Et, il est bon de tournoyer. L’air est frais en virevoltant. Le temps est doux, tout doucement. Il y a ici-haut, tant de soleils à refléter. Tant de nuages pour s’embrumer.

Mince filament ou ronde lune. Simple croissant ou cercle entier. De nuit comme de jour. Flamboyante ou cachée. Orangée ou blanche. La lune est moi, car je suis dans la lune.

Sous peu sur JFR Φ Version Lune : « 19 juillet » L’histoire.

Plus : Sport, musique, luneries et billevesées.
En somme : Élucubrations diverses.

À betôt.